Parachat ‘Houkath, Toujours plus, toujours mieux

 

Toujours plus, toujours mieux

Une pierre
précieuse, une vache rousse, la clef du coffre sous un
oreiller… Cette semaine, dans la paracha qui traite de la
para adouma, nous allons découvrir que nous avons le devoir
d’appliquer la volonté de D.ieu, même
lorsqu’on ne la comprend pas.
« Amarti
e’hcama véhi re’hoka miméni

».

Dans
l’Ecclésiaste, le Roi Salomon s’exclame :
« Je voudrais me rendre maître de la sagesse, mais elle
s’est tenue loin de moi.» Le Midrach commente que le
Roi Salomon constate ici à quel point il est loin de
comprendre la mitsva de la vache rousse (para
adouma
). Excepté Moché Rabbénou, personne
ne peut trouver une explication ni un sens à la vache
rousse. Même le plus sage de tous les hommes, Chlomo
haméle’h (le roi Salomon) n’y est pas parvenu
(Tan’houma ‘Houkath 6).

En effet, il y a
de nombreuses mitsvoth qui sont éthiques et
compréhensibles. Mais il y

existe
également des ‘houkim, des décrets sans
explication logique, dont on ne peut

comprendre la
raison. Les critères pour dire d’une vache
qu’elle était rousse, c’est-à-dire
qu’elle permettait la purification des impurs, étaient
nombreux et difficiles à trouver en un seul animal.

Nous allons
découvrir une histoire qui met en scène une para
adouma
, et qui va nous amener à réfléchir
à une notion passionnante, celle de l’engagement qui
nous est demandé.

Pour
tout l’or du monde

Dans le Talmud
(Kidouchine 31a), on rapporte que les Sages ont
questionné

Rabbi Eliezer pour
savoir comment faut-il honorer son père et sa mère.
Et Rabbi Eliezer de répondre que l’exemple à
suivre est celui de Dama ben Nétina, en l’occurrence
un non-Juif. Ce dernier possédait l’une des pierres
nécessaires à la confection du Pectoral
(‘hochen) du Grand Prêtre, le Cohen
Gadol
. Cette pierre précieuse coûtait très
cher, du fait de sa rareté. Aussi, les Sages chargés
de réunir les pierres pour le Pectoral, vinrent lui faire
une proposition très intéressante.

Dama ben Nétina accepta le prix qu’on
lui proposait, et la transaction allait se faire, quand il se
rendit compte que la clef du coffre dans lequel était
gardé le diamant se trouvait sous l’oreiller de son
père, qui dormait. Malgré la surenchère de nos
Sages, qui étaient prêts à payer le prix fort
pour cette pierre, Dama Ben Nétina ne céda pas.

Il
préféra honorer son père à tout prix,
quitte à rater une vente exceptionnelle. Les Sages se
résolurent donc à trouver ailleurs la pierre
adéquate. L’année qui suivit, une vache rousse
naquit dans le troupeau de Dama ben Nétina. Les Sages
revinrent vers lui et lui proposèrent la même somme
que pour la pierre, mais cette fois pour acheter la vache rousse.
Dama Ben Nétina leur répondit : « Je sais que
je pourrais vous demander tout l’or du monde, et que vous me
le donneriez, car une paraadouma se trouve
très rarement. Mais je me contenterai de ce qui
m’avait été proposé pour la pierre du
Pectoral. » De ce Juste des Nations (tsadik
oumoth
haolam), nous pouvons prendre conscience de
l’importance du respect des parents.

Les
portes de la sagesse

Une question
toutefois se pose : pourquoi Hachem a-t-Il récompensé
Dama Ben

Nétina par
une vache rousse, plutôt que par une autre récompense
? L’auteur du

‘Hidouché Harim nous donne la réponse. En
observant de plus près cette hagadadu Talmud, on
remarque que Dama Ben Nétina était capable de perdre
de l’argent, et beaucoup d’argent, pour une
mitsva. Mais cette mitsva, il en comprenait la
raison, il en avait assimilé le bien-fondé et la
valeur morale. Nos sages, pour leur part, étaient capables
eux aussi de payer le prix fort pour une mitsva, mais cette
fois pour une mitsvadont ils ne comprenaient ni le sens, ni
la raison: la para adouma.

Pour
intégrer cette notion dans nos vies, nous devons
d’abord savoir qu’il y a des mitsvoth plus ou
moins difficiles à comprendre, chacun selon sa
sensibilité et ses connaissances. Nous devons donc nous
investir tout autant pour les mitsvothque l’on
comprend que pour celles que l’on ne comprend pas encore. Le
Sfath Emeth (‘Houkath 5644) nous dit que c’est
uniquement en étant capable de s’investir avec tout
notre cœur dans les mitsvoth que l’on
considère comme des ‘houkim, décrets
sans explication logique, que D.ieu ouvrira pour nous les portes de
la sagesse, et que l’on en comprendra le sens profond.

Qu’Hachem
nous donne le mérite de nous investir toujours plus et
toujours mieux dans l’application des mitsvoth et
qu’Il nous ouvre les portes de la sagesse, Amen
vé-amen.

Parachat ‘Houkath, Toujours plus, toujours mieux (PDF)